Face à cette mesure, la colère gronde : « Nous n’avons bénéficié d’aucune explication, ni d’aucune négociation », déplore l’un d’eux. « Plus de la moitié d’entre nous sont menacés de licenciement. ». « L’hôtel fonctionne bien, malgré la crise économique nationale et les difficultés rencontrées par d’autres acteurs privés », assure un délégué du personnel. « Certains hauts collaborateurs de la direction continuent de percevoir d’importantes indemnités, tandis que le reste du personnel se voit menacé d’abandon de poste forcé. »
Une situation financière inquiétante
La direction générale invoque une « situation de faillite imminente » pour justifier sa décision. Elle propose aux salariés un chômage technique – sans précision sur sa durée – et envisage de réduire drastiquement les effectifs. Le sort de plus de 200 employés pourrait être scellé dans les jours qui viennent. Contactée pour une interview, la direction a délégué un émissaire, qui a expliqué que le Directeur était « trop occupé » pour s’exprimer. Aucun communiqué officiel ne précise, pour l’heure, les modalités exactes de la mesure ni l’étendue du plan social envisagé. Inauguré en 1970 sous l’enseigne Summit Hotels and Resort, le Carlton reste le premier grand hôtel de Madagascar. Rebaptisé Hilton Carlton en 2007 sous la direction de François Van Rens, l’établissement a traversé plusieurs phases de modernisation sans jamais connaître une crise comparable. Un entretien avec la société Henri Fraise, actionnaire de référence, est programmé. Les salariés espèrent que cette réunion débloquera la situation et empêchera un licenciement massif. En cas d’échec, la grève pourrait se prolonger, paralysant l’un des fleurons de l’hôtellerie malgache au cœur d’une tempête sociale et financière inédite.
Nikki Razaf








